LES PEINTURES MURALES ANCIENNES - 16/05/2008


CONFERENCE sur les PEINTURES MURALES ANCIENNES
par Marie-Gabrielle CAFFIN, présidente de l'Association PACoB.
Michel Valentin, président de la SHTI, a   présenté, le vendredi 16 mai 2008, une conférence par Marie-Gabrielle Caffin, sur le thème des peintures murales anciennes, dans les églises de Bourgogne et aussi en d'autres lieux. La conférencière, spécialiste de l' histoire de l'Art, avait été chargée il y a quelques années par la DRAC  ( Direction Régionale des Affaires Culturelles ) de Dijon, de faire l'inventaire des peintures murales dans les lieux de culte de Bourgogne. À l'aide d'un support de photos numériques, elle a animé la soirée devant plus de soixante personnes, membres de la SHTI ou simplement intéressées par le sujet. On a noté la présence de Christian Baujard, Adjoint au Maire d'Is-sur-Tille chargé de la communication à la ville, et Oger Luyt, chargé de la communication à la COVATI. Marie-Gabrielle Caffin a répertorié des peintures murales dans plus de 400 édifices. Le Conseil Général,  souhaitant en minimiser le coût, avait souhaité que ces recherches soient limitées dans le temps. Un questionnaire a été envoyé à toutes les communes, demandant qui possédait des peintures murales dans son église. L'inventaire a été effectué sur les seules communes ayant répondu, ce qui n'est sans doute pas exhaustif.
C'est pourquoi Marie-Gabrielle Caffin a souhaité continuer ce travail en créant l'association "PACoB " (Patrimoine, Ambiance et Couleurs de Bourgogne), qui assure la mise à jour continuelle de cet inventaire. Un catalogue sur les peintures murales de Bourgogne est déjà paru, mais il reste à compléter.
À l'heure actuelle, ce sont au total environ 800 édifices qui possèdent des peintures murales répertoriées.On en découvre encore parfois lors de travaux, comme à l'église d'Is-sur-Tille, sous des couches d'enduit. Des expositions ont déjà eu lieu à ce sujet. Les premières peintures murales dans notre région datent de l'époque carolingienne, puis romane. Les peintures à l'huile apparaissent au 15ème siècle et se rencontrent jusqu'à l'époque moderne. Marie-Gabrielle Caffin a fait découvrir au public les plus remarquables peintures murales visibles dans les églises de notre canton, comme celles de Moloy, de Marey-sur-Tille, de Til-Châtel, de Gémeaux, mais aussi de Selongey, de Beaune, d'Autun, d'Auxerre, etc…
En ce qui concerne la technique, on aurait tendance à confondre une fresque et une peinture murale.
- La fresque utilise une technique consistant à peindre sur un enduit encore humide, ce qui permettait aux pigments de pénétrer l'enduit et de sécher simultanément. L'oeuvre devenait ainsi très résistante dans le temps.
- La peinture murale est une création réalisée sur un mur dont l'enduit d' accrochage est sec et ne peut donc le pénétrer intimement.
- Il y a aussi une technique mixte, l'artiste commençant son oeuvre sur une sous-couche humide et l'achevant sur une couche devenue sèche.
Les peintures murales étaient commandées par des ecclésiastiques, des communautés religieuses, mais aussi des particuliers, appelés "donateurs", afin que l'on se souvienne d'eux après leur mort. Ils apparaissent surtout à partir du 14ème siècle. Ils ont à peu près tous la même posture sur les peintures : ce sont de petits personnages agenouillés, les mains jointes. Dans les édifices religieux, les peintures n'ont pas les mêmes pigments ; la recherche dans les techniques picturales n'est pas similaire. Certaines sont de véritables oeuvres d'art très détaillées, comme des tableaux de maîtres; d'autres sont plus sobres, tout en étant d'excellente qualité technique et de lecture. Les sujets représentés sont souvent des Saints ou des scènes des écritures bibliques, comme la résurection de Lazzare. Certaines représentent des oeuvres en relief remplaçant des tableaux, d'autres sont en "trompe-l'oeil", pour symboliser une fenêtre dans un mur ou une niche dans laquelle se trouve une représentation peinte.
Nous avons vu que des peintures murales se trouvent également dans des édifices privés, des châteaux. Il y en même en extérieur. Ces peintures se trouvent surtout près des cheminées, ou sur les hottes, ce qui en rehausse la valeur historique. Dans certains cas, elles remplacent purement et simplement les tableaux de toile tendue sur cadre bois.
Beaucoup de ces peintures, se trouvant dans des églises humides, ont du mal à supporter l'usure du temps et des siècles qui passent. Certaines disparaissent et sont irrémédiablement perdues; d'autres ont pu être restaurées au fil du temps avant qu'elles ne soient complètement effacées… grâce à Dieu… et aussi à des passionnés comme Marie-Gabrielle Caffin, qui nous a fait vivre toute cette passion, dans le but de transmettre notre patrimoine ainsi préservé aux générations futures.


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